On a pu le constater un nombre certain de fois : attentat après attentat, nous avons droit à l’habituelle rengaine chez les médias du système. BFM, LCI, TF1, tous foncent comme un seul homme chez les proches du terroriste pour recueillir leurs impressions. Le discours est bien rôdé, on pourrait faire un copier/coller de chaque intervention tant elles sont similaires et interchangeables. Pour résumer :

  • mon enfant/neveu/ami agissait “normalement”, sous-entendu il n’avait pas de casier judiciaire, ne harcelait pas les voisins, ne crachait même pas par terre. Son rapport à la violence était négligeable.
  • son rapport à l’Islam était lointain : il était certes musulman pratiquant mais ne portait ni barbe ni djellaba. Certes il priait de temps en temps, mais ne fréquentait pas de mosquée intégriste. Il lui arrivait même de faire la fête et de boire de l’alcool.

Voila, c’est à peu près tout. Transposez ce double argumentaire à n’importe quel attentat, il fonctionnera. Pour résumer, le terroriste est un individu lambda paisible n’ayant aucune accointance avec l’Islam dit radical. Bien que musulman de confession, tout cela n’avait semble-t-il rien à voir. Pas d’amalgames !

Quant aux victimes ou proches des victimes, on s’en fiche totalement. Elles ne méritent pas de couverture médiatique : sait-on jamais, on pourrait entendre leur colère légitime et leur rejet du vivre-ensemble. Je vous conseille à ce titre l’ouvrage de Laurent Obertone “la France Orange Mécanique” qui pointe à la fois ce manque de considération pour la douleur des victimes et la surmédiatisation des bourreaux . Si je prends mon propre cas, moi qui ai été au Bataclan le 13 Novembre, croyez-vous que de nombreux médias se sont bousculés pour m’interviewer ? Bien sur que non, car mon message ne correspond pas à la ligne éditoriale de Big Brother. La fâcheuse sphère a récemment dénoncé cette hypocrisie en mettant en ligne un photomontage avec d’un côté le corps du jeune migrant Aylan exposé partout afin de favoriser la politique immigrationniste, tandis que les cadavres des gamins écrasés sur les Ramblas de Barcelone sont cachés soi-disant par “respect et pudeur”. Deux qualités que Big Brother met constamment en exergue mais qu’il ne possède pas lui-même, ironiquement.

D’où la question légitime pour les esprits raffinés, à savoir quel message subliminal la propagande d’État veut-elle faire passer avec cette mise en avant systématique des proches de terroristes ? Je vous avouerais que je me suis longtemps posé cette question : un peu trop pragmatique, j’ai eu tendance à interpréter ce message à travers mon propre prisme, celui d’un homme de droite, donc froid et analytique.  Et donc j’en suis venu à cette curieuse conclusion, à savoir que le message de Big Brother allait à l’encontre de son idéologie.

Ne tournons pas autour du pot, nous savons tous que le programme de Big Brother c’est cette utopie multiculturelle qu’il tente de nous survendre depuis une bonne cinquantaine d’années. SOS Racisme, Touche pas à mon pote et compagnie, le matraquage incessant des diverses assos et médias subventionnés vise à nous inculquer le fait que la diversité est une richesse et donc que l’immigration massive est la bienvenue. Or depuis l’avènement du terrorisme islamiste, Big Brother s’aperçoit que l’image de l’étranger d’obédience musulmane est écornée (ça alors…) et essaie  tant bien que mal de redresser la barre. Rappelons nous à cette occasion son équation cruciale en ce qui concerne les agissements criminels : le blanc/catho est forcément mauvais, tandis que l’étranger/musulman est forcément bon et a du être influencé par des forces extérieures.

Du coup, si Big Brother met les familles des terroristes sous le feu des projecteurs, c’est qu’il y a forcément un message derrière qui tend à inciter à la bienveillance du téléspectateur vis à vis de ces gens. Or comme je disais dans le paragraphe précédent, le message m’est apparu biaisé pour la raison exposée ci dessous : personnellement, quand je vois des dizaines de familles musulmanes nous faire à chaque fois le coup du brave mec insoupçonnable (ce dont je doute fort évidemment), le message que JE reçois serait du type: “Partant de là, cela signifie que N’IMPORTE QUEL musulman soi-disant modéré est capable de la pire ignominie islamiste au nom d’Allah”. Donc en fait paradoxalement, BFM et ses complices immigrationnistes diffuseraient un message de haine ou du moins de méfiance généralisée.
Cela va naturellement à l’encontre de leur but initial, d’où mon incompréhension. Or l’un de mes lecteurs m’a livré une interprétation différente, vue semble-t-il au travers des yeux d’un téléspectateur gaucho lambda

D’après Herman-Emannuel Bansk , le plan de Big Brother suit ces différentes étapes :

1) On va interroger la famille, donc le terroriste a une famille, avec des visages, des personnes; c’est donc un être humain. Ce travail n’a pas été fait pour Brievik ou Dylan Rhoof qui eux n’ont pas de famille, n’ont jamais été de bons garçons et sont donc des êtres quasi dématérialisés, non humains : des démons en somme!
2) On voit les gens, on les montre : l’un des messages subliminaux, c’est “ils sont là, ils existent, ils sont humains et ILS VIVENT EN FRANCE, ce sont nos/vos voisins, ce sont NOUS”! Le témoignage sur le “gentil garçon”, c’est une façon de dire au français lambda que ça pourrait arriver à tout le monde, y compris ses enfants et non pas qu’aux musulmans ===> identification!
3) Toujours les larmes de la mère ou d’une sœur, donc expression d’un sentiment de remords, de désapprobation, de désolidarisation avec l’acte.
C’est même par enchantement un retournement dialectique : ces personnes souffrent, ce sont donc des victimes! Ne les accablons pas!
Conclusion) Au final, tout cela incite à faire penser à la cible que non seulement cela aurait pu arriver à ses proches et que ça aurait pu être lui, qu’en plus ces gens souffrent et qu’in fine, ce passage à l’action a donc été motivé par la stigmatisation.

Je dois avouer que son raisonnement me parait pertinent : pour un esprit non-critique, Big Brother essaierait donc de faire relativiser via un procédé malsain d’identification à la victime de l’auteur. Si cette famille est “normale” et “non reliée à l’Islam”, alors c’est une famille lambda qui pourrait être la vôtre. Par conséquent, l’empathie devient indulgence qui devient pardon. Même si la méthode parait grossière, je pense que Bansk a raison et que j’ai eu tendance à sur-évaluer l’intellect du téléspectateur moyen, ou du moins la considération que lui porte BFM et consorts.

Car c’est là que le bât blesse : je pense que nous avons tous les deux raison, mais pas sur le même aspect. Bansk a vraisemblablement interprété mieux que moi le raisonnement de Big Brother, mais il semblerait que sa méthode fonctionne de moins en moins bien sur les masses laborieuses et qu’elles commencent à y voir le message contraire ou du moins, à rejeter le message initial.

J’imagine que comme moi vous êtes nombreux à lire les commentaires sous les sujets polémiques traités par les médias dominants afin de “prendre un peu la température” du peuple français. Or cette année le verdict est sans appel, même dans les médias les plus gauchistes commence à se faire sentir un vent de révolte y compris chez les plus fidèles lecteurs. Illustration avec quelques captures d’écran concernant les derniers attentats (aout 2017) :

Capture

Capture2

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Les captures parlent d’elles-mêmes : les top commentaires sont en grande majorité des gens qui sont excédés par cette mise en avant systématique des familles des bourreaux par les médias complices. Les seuls à prendre vaillamment la défense de la mère de famille se nomment Anissa Ahamada, Mohamed Said et El-Hajj Malek El-Shabazz. Ami lecteur, sauras-tu trouver le point commun entre ces trois “bienpensants” ? Blague à part, il semble bien que le stratagème mis en place par Big Brother commence à s’essouffler.

Comment l’expliquer ? Serait-ce la redondance de la méthode qui commence à poser problème ? Comme le disait le philosophe Émile dans le film la Cité de la Peur, “on peut tromper 1 fois 1000 personnes mais on ne peut pas tromper 1000 fois 1 personne.” Relativisons quelque peu, et admettons que parfois, SI, on peut tromper quand même 1000 fois 1 personne, la preuve Macron a bien été élu, notamment et en grande partie par les plus de 65 ans qui sont censés avoir plus de recul et d’expérience. Je pense simplement que dans CE CAS PRÉCIS, la grossièreté de la méthode employée combinée à la recrudescence d’attentats sanglants commence à mettre en péril l’effort de propagande.

Big Brother s’en est à coup sûr rendu compte, la question est donc : pourquoi ne change-t-il pas d’approche ? Si celle qui fonctionnait jusque là commence à faiblir, pourquoi ne pas faire marche arrière et tenter autre chose ? Je vais paraitre cynique sur cette partie mais je pense que le résultat le plus proche de la réalité est celui-là : Big Brother ne sait faire que ça : il n’y a pas de plan B. Le plan B consisterait à admettre ses torts, à se désavouer d’une manière ou d’une autre. Et ça Big Brother se le refuse car qu’on le veuille ou non, il est un régime totalitaire déguisé en démocratie (mais ses vains oripeaux commencent à ne plus pouvoir cacher sa vraie nature). Or un régime totalitaire ne se remet pas en question, il EST la vérité et il imposera son idéologie quoi qu’il en coûte. Même acculé, accablé de critiques, il ne renonce pas à sa ligne directrice, d’où le discours confus que l’on entend aujourd’hui après chaque attentat et l’agacement de la populace qui en résulte. Cependant, n’oublions pas que même si cette dernière est moins affectée par la propagande, Big Brother conserve l’un de ses objectifs qui est de ne pas énerver outre mesure le musulman de France : le “modéré” continuera à voter pour lui, le “radical” continuera à s’en prendre au petit peuple de mécréants plutôt que de viser les têtes pensantes et collaborationnistes.

Tout n’est pas perdu pour lui, donc.